Comment arrêter un projet ?

Je n’ai pas encore parlé de construction et de gestion de projet, que je parle déjà de l’arrêter. Et finalement je me dis que ça peut être la première étape d’un projet comme la dernière.

Comment trouver du temps pour construire quelque chose de nouveau si je dois déjà gérer plein de choses dans ma vie ?

Ces derniers mois, j’ai pris la décision de fermer 2 de mes plus gros projets professionnels Lovely Bulle et Echo 6 Thèmes. Cela n’a pas été des décisions simples à prendre mais tellement en accord avec mes évolutions.

Je n’ai pas vu cela comme une fin (enfin si peut être au début) mais plutôt comme une nécessité pour aller vers la suite.

Lovely Bulle a été le projet qui m’a permis d’oser quitter mon salariat, de mettre un premier pied dans le monde des indépendants, des entrepreneurs. J’ai pu y développer tout mon côté créatif, commencer à créer des connexions et développer mon réseau, monter des événements de dingue avec des créateurs, des créatifs et des partenaires qui m’ont fait confiance.

Echo 6 Thèmes est arrivé 2 ans après. Il m’a permis de développer mon ancrage intérieur. Mon côté structurant est revenu à la charge, même s’il n’était pas vraiment parti très loin… J’ai pu créer et animer un tiers-lieu, découvrir l’intelligence collective et le co-développement pour une structure et pour sa propre entreprise. Et j’ai continué les connexions.

Comprendre que c’est le moment d’arrêter

C’est le point de départ.
Quand et comment savoir que c’est la fin de quelque chose ?

Je dirais qu’il a fallu que je me connecte à mon cœur. Que je prenne le temps de comprendre et de sentir que le projet ne me faisait plus autant vibrer qu’avant. Que ce qu’il s’y passait était beaucoup moins fluide pour moi.

Cela me demandait de l’énergie et ne m’en apportait plus suffisamment. Cela devenait donc déséquilibré pour moi.

Accepter que le projet s’arrête

En fait, cela a été pour moi comme un deuil. Je suis passée par les 5 phases : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation et finalement j’en ai ajouté une dernière et 6ème phase : l’action.

> Déni : pendant plusieurs semaines, même si au fond de moi je savais que le projet était en perte de vitesse ou d’énergie, je n’ai pas voulu le voir de suite. Sûrement parce qu’au fond je n’étais pas encore prête à m’ouvrir à la suite. J’étais et voulais rester dans ma zone de confort.

> Colère : principalement contre moi.
Voilà ce que mon cerveau me disait : je ne sais pas faire vivre les projets, je préfère les construire. Alors comment je vais faire pour gagner ma vie si je suis en perpétuelle construction. Je ne pourrai jamais récolter les fruits de ce que je créé ../..

> Marchandage : ../.. donc il vaut mieux que je reste encore un peu, on ne sait jamais, demain ce sera peut-être différent. Je vais retrouver de l’énergie.

> Dépression : de toute façon, il vaut mieux que j’arrête tout et que je me trouve un boulot stable parce que je n’y arriverai jamais.

> Acceptation : le plus dur pour moi est de me dire que ce que j’ai construit ne servira plus. Or tout au long de ce processus de deuil, des opportunités sont arrivées pour m’y amener plus facilement. Dans les 2 cas, j’ai trouvé comment continuer à les faire vivre de façon différente mais toujours présents indirectement.

> Action : je me remets en mouvement, en énergie, je réfléchis au plan d’action qui amène vers la fin.

Ce processus peut être plus ou moins long. Pour Lovely Bulle, je pense que cela a durée au moins un an et pour Echo 6 Thèmes, je dirais que cela a pris 4 mois.

Exprimer son besoin

C’est la première étape si tu es en collaboration sur le projet que tu souhaites arrêter.

Pour mes 2 projets, je les avais construits en binôme avec une associé. Et c’est là que tout se joue, il faut oser lui parler avec le cœur et exprimer ce que l’on ressent et ses besoins.

Il m’est arrivé 2 cas de figure. Pour Lovely Bulle, c’est mon associé qui a levé le pied en premier et j’ai souhaité continuer. Jusqu’au moment où je me suis rendue compte qu’il fallait que j’arrête également.

Pour Echo 6 Thèmes, nous étions en phase toutes les 2 et c’est venu naturellement dans une conversation.

Choisir une date de fin

Je les ai choisis en fonction des événements qu’il y avait de programmé d’une part et du processus de fonctionnement de l’autre. A chaque fois, l’idéal a été d’arrêter les activités fin juin.

Communiquer positivement et honnêtement

Trouver l’angle positif de cette aventure et de cette fin a été la clé principale pour que cela se passe le plus simplement et agréablement.

Pour Echo 6 Thèmes, nous (Ellen et moi) avons d’abord fait le point sur les nouvelles aventures que nous étions en train de démarrer l’une et l’autre et en lien avec sa raison d’être : faciliter les connexions et le passage à l’action.

C’est comme ça que nous avons mis en avant non pas la fin du projet mais le début de 3 autres :

  • notre formation Travel & Co qui permet d’aligner sa vie pro et perso durablement ;
  • notre offre d’accompagnement à la création et l’animation de Tiers-Lieu ;
  • Ellen qui a rejoint l’équipe d’associés de Jeronimoooo, et y crée sa tribu sur Toulouse afin de continuer à connecter les indépendants entre eux.

Puis nous avons eu envie de faire un événement festif en juin pour marquer la fin de cette aventure. Nous y avons animé un atelier sur la connexion, extrait de notre formation Travel & Co : aller à la rencontre de l’autre, trouver ses partenaires.

Quoi de plus symbolique et adapté pour clôturer Echo 6 Thèmes. En effet, avec lui nous apportions le moyen de créer des connexions, maintenant avec notre nouveau projet Travel & Co, nous proposons une méthode pour y arriver seul.

C’est aux acteurs que nous l’avons l’annoncé en premier. C’étaient eux les principaux intéressés qui bénéficiaient de nos services. Nous avons donc décidé de les appeler un par un et d’être honnête, de leur expliquer notre choix et les raisons. Puis nous avons fait une communication sur 2 mois pour l’annoncer petit à petit au public avec toujours cette même orientation stratégique positive.

Formalités et logistique

Enfin la partie peut être la plus fastidieuse, les fermetures administratives.

Pour Lovely Bulle je me suis laissée 6 mois pour fermer l’assurance, les comptes, l’association elle-même. Et je pense que je vais faire de même pour Echo 6 Thèmes. J’ai de la chance, ce sont des associations et non des entreprises, ce qui a été plus facile à gérer.

Concernant le matériel créatif de Lovely Bulle (et j’avais du stock !), j’ai fait un vide atelier puis j’ai donné le reste à une association.

Pour Echo 6 Thèmes, nous avions fermé les locaux en juillet dernier et là aussi, j’ai fait un vide local grâce à un événement sur Facebook. Les photos de chaque objet à vendre y ont été publiées. Le reste du matériel non vendu a été donné à Emmaüs.

Arrêter de se sacrifier pour ce qui ne nous convient plus pour oser aller vers ce qu’on aime.

Halles de la Cartoucherie - Toulouse

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